Histoire-géographie (voie techno) · Première · La Troisième République : un régime, un empire colonial
L’instruction des filles sous la Troisième République avant 1914
Former des mères républicaines.
En bref
Sous la Troisième République, l’instruction des filles devient une affaire d’État.
Sous la Troisième République, l’instruction des filles devient une affaire d’État. Le Nouveau dictionnaire de pédagogie dirigé par Ferdinand Buisson lui consacre une entrée : elle concerne l’instruction primaire, secondaire et supérieure. Mais l’égalité avec les garçons reste loin.
Pourquoi instruire les filles ?
Pour les républicains, l’enjeu est politique. Au XIXe siècle, beaucoup de filles sont instruites par des congrégations religieuses. Jules Ferry explique en 1870 que qui a l’influence sur les femmes l’a sur toute la famille : il veut arracher les futures mères à l’influence de l’Église et former des mères républicaines qui transmettront les valeurs de la République à leurs enfants.
L’école des filles doit former des épouses et des mères républicaines, pas encore des citoyennes : les femmes n’ont pas le droit de vote.
Les grandes lois
| Loi | Date | Contenu |
|---|---|---|
| Loi Camille Sée | 21 décembre 1880 | Crée l’enseignement secondaire public de jeunes filles (collèges et lycées) |
| Loi créant l’École normale supérieure de Sèvres | 1881 | Forme les professeures des lycées de filles |
| Lois Ferry | 1881-1882 | École primaire gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans, pour les filles comme pour les garçons |
| Loi Goblet | 1886 | Laïcise le personnel des écoles publiques |
Un enseignement différent de celui des garçons
- Le primaire est commun dans ses principes, mais les programmes des filles ajoutent travaux d’aiguille, économie domestique et hygiène.
- Le secondaire féminin dure cinq ans, sans latin ni grec, et se termine par un diplôme de fin d’études, et non par le baccalauréat, qui ouvre l’université. Il faudra attendre 1924 pour que les programmes deviennent identiques.
- Dans le supérieur, les femmes sont peu nombreuses. Julie-Victoire Daubié avait été la première bachelière en 1861 ; en 1914, les étudiantes restent une petite minorité, souvent en lettres ou en médecine.
Les institutrices, aux côtés des « hussards noirs » de la République
- La loi Paul Bert (1879) impose une école normale d’institutrices dans chaque département.
- Formées pendant trois ans, elles enseignent la morale laïque, le français, le calcul, l’histoire de la nation.
- Souvent jeunes, parfois isolées dans un village, surveillées par le maire et l’inspecteur, elles incarnent la République face au curé. En 1914, elles sont plus nombreuses que les instituteurs dans le primaire public.
- Leur salaire reste longtemps inférieur à celui des hommes.
Repères à retenir
| Repère | Date |
|---|---|
| Première bachelière (Julie-Victoire Daubié) | 1861 |
| Écoles normales d’institutrices dans chaque département | 1879 |
| Loi Camille Sée | 1880 |
| Lois Ferry | 1881-1882 |
| Programmes identiques filles et garçons dans le secondaire | 1924 |
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6 questions pour vérifier
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1.Qui dirige le Nouveau dictionnaire de pédagogie ?
2.Que crée la loi Camille Sée de 1880 ?
3.Pourquoi les républicains veulent-ils instruire les filles ?
4.Les lois Ferry de 1881-1882 rendent l’école primaire obligatoire pour les filles comme pour les garçons.
5.Quel diplôme termine le secondaire des filles avant 1924 ?
6.Quelle matière est ajoutée aux programmes des filles ?
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