HLP · Terminale · L’humain et ses limites
La bioéthique
Technique permise, loi qui autorise.
En bref
La bioéthique naît d’un écart : la médecine peut faire des choses sur lesquelles aucune tradition morale ne s’était prononcée.
La bioéthique naît d’un écart : la médecine peut faire des choses sur lesquelles aucune tradition morale ne s’était prononcée. Elle ne consiste pas à interdire, mais à décider au nom de quoi on autorise.
L’origine : les crimes et le consentement
| Texte | Date | Ce qu’il pose |
|---|---|---|
| Code de Nuremberg | 1947 | Le consentement volontaire du sujet humain est « absolument essentiel » |
| Déclaration d’Helsinki | 1964 | Il l’étend à toute la recherche médicale |
Rédigé après le procès des médecins nazis, le code de Nuremberg fonde toute la bioéthique moderne sur un seul principe : le corps n’est pas un matériau disponible.
Les quatre principes
Beauchamp et Childress (1979) proposent un cadre encore employé.
| Principe | Ce qu’il exige |
|---|---|
| Autonomie | Respecter la décision informée de la personne |
| Bienfaisance | Agir pour son bien |
| Non-malfaisance | Primum non nocere : d’abord ne pas nuire |
| Justice | L’équité dans l’accès aux soins et la répartition des ressources |
Leur intérêt est aussi leur difficulté : ils entrent en conflit. Le débat bioéthique consiste le plus souvent à arbitrer entre l’autonomie du patient et la bienfaisance du soignant.
Les grands dossiers
| Domaine | La question ouverte | L’état du droit français |
|---|---|---|
| Début de vie | Quel statut pour l’embryon ? | IVG, PMA ; GPA interdite |
| Fin de vie | Jusqu’où accompagner ? | Lois Leonetti (2005) et Claeys-Leonetti (2016) : sédation profonde et continue, pas d’euthanasie active |
| Génome | Modifier les cellules germinales ? | Moratoire international — franchi en 2018 par He Jiankui, condamné en Chine |
| Don, données de santé, IA | Qui décide, qui contrôle ? | En construction |
CRISPR-Cas9 (2012) a rendu l’édition génétique simple et peu coûteuse : c’est ce qui a fait passer la question du laboratoire au débat public.
Dignité et transhumanisme
Kant fournit l’argument le plus employé : la personne a une dignité, non un prix ; elle ne doit jamais être traitée « simplement comme un moyen ».
Habermas (L’Avenir de la nature humaine, 2001) objecte au transhumanisme que programmer génétiquement un enfant rompt l’égalité entre générations : celui qui a été conçu selon un projet ne peut plus se considérer comme l’auteur unique de sa vie.
La méthode française
Le CCNE (créé en 1983), les lois de bioéthique révisées périodiquement, les états généraux : le choix assumé est celui d’une éthique délibérative et révisable, plutôt que de principes fixés une fois pour toutes.
Teste-toi
6 questions pour vérifier
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1.Quel principe le code de Nuremberg pose-t-il en 1947 ?
2.Quels sont les quatre principes de Beauchamp et Childress ?
3.La loi Claeys-Leonetti de 2016 autorise l’euthanasie active en France.
4.Qu’est-ce que CRISPR-Cas9 ?
5.La modification des cellules germinales est transmissible aux descendants.
6.Quel argument kantien est le plus employé en bioéthique ?
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