Latin · Terminale · L’homme, le monde, le destin
Ovide et Karen Blixen : partir, écrire
Partir, puis écrire parce qu’on est loin.
En bref
Le programme limitatif associe deux livres séparés par dix-neuf siècles : les Tristes (livre III) d’Ovide et La ferme africaine de Karen Blixen.
Le programme limitatif associe deux livres séparés par dix-neuf siècles : les Tristes (livre III) d’Ovide et La ferme africaine de Karen Blixen. L’un est chassé par le pouvoir, l’autre part de son plein gré ; tous deux écrivent parce qu’ils sont loin.
Karen Blixen et sa ferme
Karen Blixen (1885-1962), romancière danoise qui signe souvent Isak Dinesen, s’installe en 1914 au Kenya, alors possession britannique, pour exploiter une plantation de café au pied des collines de Ngong, près de Nairobi. Dix-sept ans plus tard, tout s’effondre : la ferme fait faillite, son ami Denys Finch Hatton meurt en 1931 dans l’accident de son avion, elle doit vendre et rentrer au Danemark. C’est là, loin de l’Afrique, qu’elle écrit La ferme africaine (1937), qui s’ouvre sur une phrase restée célèbre : « J’avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong. »
Deux départs, deux regards
| Ovide, Tristes III | Blixen, La ferme africaine | |
|---|---|---|
| Le départ | Imposé : relégation par Auguste | Choisi : une vie nouvelle |
| Le lieu | Tomis, bord de la mer Noire | Les hauts plateaux du Kenya |
| Quand il écrit | Pendant l’exil, au présent | Après le retour, au passé |
| Le regard sur l’autre | Gètes et Sarmates, des « barbares » | Kikuyus, Masaïs, Somalis, observés avec attachement |
| Le ton | La plainte, l’appel à l’aide | La mémoire, la gratitude, le deuil |
| Ce qui est perdu | Rome, la patria | La ferme, l’Afrique, un ami |
Des questions pour l’essai
- Écrire pour survivre : pour Ovide, l’écriture est un lien avec Rome et une arme de plaidoirie ; pour Blixen, elle sauve de l’oubli un monde disparu.
- Le regard sur l’étranger : Ovide finit par se dire lui-même barbare, dans le livre V, parce que personne ne le comprend ; Blixen décrit ses voisins africains comme des personnes, sans échapper tout à fait au regard du colon de son temps. L’essai gagne à le dire avec nuance.
- Le destin : Ovide accuse la colère d’un dieu — Auguste — et sa propre faute ; Blixen accepte les coups du sort avec une sorte de fierté aristocratique.
- Le paysage : l’hiver de Tomis est un argument, la lumière des collines de Ngong un souvenir. Le même motif sert deux intentions.
Le programme résume l’enjeu ainsi : on part à cause de ce qu’on a écrit, ou l’on écrit parce qu’on est parti. Ovide illustre la première formule, Blixen la seconde — et chacun des deux touche aussi l’autre.
Méthode : construire un rapprochement
- Pars d’un motif commun précis (l’hiver, la maison perdue, l’animal, la langue de l’autre).
- Cite une expression latine traduite et une phrase de Blixen.
- Dis ce qui rapproche, puis ce qui sépare : le contexte (exil forcé, aventure coloniale), l’époque, le genre (élégie, récit autobiographique).
- Conclus sur ce que la confrontation révèle et qu’aucune des deux œuvres ne dirait seule.
Teste-toi
6 questions pour vérifier
Touche une réponse : la correction s’affiche tout de suite.
1.Quelle œuvre moderne accompagne les Tristes au programme limitatif ?
2.De quelle nationalité est Karen Blixen ?
3.Où se trouvait la ferme de Karen Blixen ?
4.Que cultivait-on sur la ferme de Karen Blixen ?
5.Karen Blixen écrit La ferme africaine après son retour au Danemark.
6.Qu’est-ce qui distingue d’abord les deux départs ?
0 / 6 questions
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La fiche de révision, sur une page
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