Latin · Terminale · Croire, savoir, douter
Magie à Rome : tablettes d’exécration et sorcières
Obtenir par le rite secret ce que l’on veut.
En bref
La magie, pour les Anciens, c’est l’art d’obtenir par des rites secrets ce que la religion demande ouvertement aux dieux : faire aimer, faire souffrir, faire gagner, faire taire.
La magie, pour les Anciens, c’est l’art d’obtenir par des rites secrets ce que la religion demande ouvertement aux dieux : faire aimer, faire souffrir, faire gagner, faire taire. Rome la redoute, la condamne… et la pratique.
Ce que disent les objets
Les tablettes d’exécration (tabellae defixionum) sont des lames de plomb gravées de malédictions, roulées, percées d’un clou et jetées dans une tombe, un puits ou une source. Le verbe defigere, « clouer, fixer », dit leur but : immobiliser l’adversaire. On en a retrouvé des centaines, visant un rival en amour, un voleur, un avocat adverse ou l’aurige de l’écurie concurrente au cirque. Elles prouvent que la magie n’est pas qu’un motif littéraire : c’est une pratique ordinaire.
| Support | Ce qu’il vise | Exemple |
|---|---|---|
| Tablette de plomb | Lier, faire échouer | Un aurige du cirque |
| Amulette | Protéger | La bulla portée par les enfants |
| Poupée percée | Envoûter | Figurine d’argile ou de cire |
| Philtre | Faire aimer | Mélange d’herbes et d’incantations |
La loi contre la magie
Dès la loi des Douze Tables (milieu du Ve siècle av. J.-C.), Rome punit celui qui attire par ses chants les récoltes du voisin dans son champ. Pline l’Ancien, au livre XXX de l’Histoire naturelle, qualifie la magie de plus trompeuse des pratiques. Au IIe siècle ap. J.-C., Apulée est accusé de magie pour avoir épousé une riche veuve, Pudentilla ; son discours de défense, l’Apologie, est un document unique.
Les sorcières de la littérature
- Canidia, chez Horace (Épodes V, Satires I, 8) : elle déterre des os, invoque la Nuit et Diane, prépare un philtre avec la moelle d’un enfant.
- Médée, chez Ovide (Métamorphoses VII) : elle rajeunit le vieil Éson en remplaçant son sang par un breuvage d’herbes.
- Érichtho, chez Lucain (Pharsale VI) : sorcière de Thessalie, elle ranime un cadavre pour qu’il prédise l’issue de la guerre civile.
- Pamphile, chez Apulée (Métamorphoses, dites L’Âne d’or) : en volant son onguent, le jeune Lucius se change par erreur en âne ; il ne retrouvera forme humaine que grâce à Isis, en mangeant des roses.
La Thessalie est, pour les Romains, la patrie des sorcières : on disait qu’elles savaient faire descendre la Lune du ciel.
Magie et religion : où passe la frontière ?
| Religion (religio) | Magie (magia) |
|---|---|
| Publique, au grand jour | Secrète, souvent de nuit |
| Demande aux dieux : do ut des, « je donne pour que tu donnes » | Prétend les contraindre par la formule exacte |
| Rites de la cité | Intérêt privé, souvent contre autrui |
Le mot magus vient du perse, par le grec : il désignait d’abord les prêtres des Perses. Le mot dit déjà que la magie, c’est la religion des autres.
Teste-toi
6 questions pour vérifier
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1.Que signifie le verbe defigere, qui a donné les « défixions » ?
2.Sur quel matériau les tablettes d’exécration sont-elles le plus souvent gravées ?
3.Quel auteur a été accusé de magie et a écrit sa défense, l’Apologie ?
4.Dans L’Âne d’or, grâce à quelle déesse Lucius redevient-il homme ?
5.La loi des Douze Tables punissait déjà certaines pratiques magiques.
6.Quelle sorcière apparaît chez Horace ?
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