Grec · Terminale · L’homme, le monde, le destin
Lucien et Calvino : voir le monde de loin
S’écarter pour voir juste.
En bref
L’un monte dans la Lune, l’autre dans un arbre.
L’un monte dans la Lune, l’autre dans un arbre. Lucien et Italo Calvino inventent deux héros qui prennent de la hauteur pour mieux voir le monde — sans jamais cesser de s’y mêler.
Italo Calvino et Le Baron perché
Italo Calvino (1923-1985), écrivain italien né à Cuba et grandi à San Remo, publie Il barone rampante en 1957 ; le livre est le deuxième volet de sa trilogie Nos ancêtres, avec Le Vicomte pourfendu et Le Chevalier inexistant.
Le 15 juin 1767, à Ombrosa, en Ligurie, Côme (Cosimo) Piovasco di Rondò, douze ans, refuse un plat d’escargots, grimpe dans une yeuse du jardin familial et jure de ne plus jamais redescendre. Il tient parole : il vit toute sa vie dans les arbres, chasse, lit les philosophes des Lumières, aime la belle Viola, participe aux événements de son temps et rencontre même Napoléon. Vieux, il disparaît en s’accrochant à l’ancre d’une montgolfière qui passe au-dessus de la mer. Le récit est fait par son frère cadet, Biagio, resté à terre.
Son épitaphe résume le livre : « Vécut dans les arbres. Aima toujours la terre. Monta au ciel. »
Deux regards d’en haut
| Lucien, Histoires vraies | Calvino, Le Baron perché | |
|---|---|---|
| L’élévation | Un tourbillon porte le navire jusqu’à la Lune | Un enfant monte dans un arbre |
| Le narrateur | Le voyageur lui-même, qui avoue mentir | Le frère resté au sol, témoin fidèle |
| Le monde découvert | Des mondes à l’envers, fantastiques | Le même monde, vu d’un autre point de vue |
| La cible | Les historiens, Homère, les philosophes | La société d’Ancien Régime, les révolutions, les illusions |
| Le rapport au réel | La fiction avouée démasque les faux récits | Un seul écart, et tout le réel devient étrange |
Le mouvement commun : s’écarter pour voir juste. Côme ne quitte pas la terre, il la regarde à la bonne distance ; le voyageur de Lucien ne décrit la Lune que pour nous faire voir nos propres mœurs.
Le theatrum mundi, vu d’en haut
Lucien a pratiqué ce regard ailleurs : dans Icaroménippe, le philosophe Ménippe s’envole et voit les hommes s’agiter comme des fourmis ; dans Charon, le passeur des morts contemple les vivants depuis une montagne. Vus de haut, les ambitions et les guerres paraissent un spectacle dérisoire. Calvino en fait un choix de vie : Côme reste engagé — il aide, combat, écrit — mais à sa manière, du haut de ses branches.
Pistes pour l’essai
- Vérité et illusion : Lucien prévient qu’il ment ; Biagio avoue qu’il ne sait plus toujours distinguer ce qu’il a vu de ce que son frère lui a raconté.
- Distance et engagement : se retirer du monde ou le voir mieux pour y agir ?
- Le voyage : immense chez Lucien, minuscule chez Calvino (quelques kilomètres d’arbres), mais aussi dépaysant.
- Le rire : parodie savante chez Lucien, fantaisie ironique chez Calvino ; dans les deux cas, le rire sert la pensée.
Méthode : un paragraphe de confrontation
- Une idée, formulée en une phrase.
- Un passage de Lucien, avec un mot grec traduit (ψεῦδος, θαῦμα, σελήνη…).
- Un passage de Calvino.
- Ce qui les rapproche, puis ce qui les sépare, et ce que la confrontation fait voir.
Teste-toi
6 questions pour vérifier
Touche une réponse : la correction s’affiche tout de suite.
1.Quelle œuvre moderne accompagne Lucien au programme limitatif ?
2.Pourquoi Côme monte-t-il dans l’arbre ?
3.Qui raconte l’histoire de Côme ?
4.Quand Italo Calvino publie-t-il Le Baron perché ?
5.Côme redescend sur terre à la fin de sa vie.
6.Que dit l’épitaphe de Côme ?
0 / 6 questions
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La fiche de révision, sur une page
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