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The Caretaker : la pièce comme territoire
Une pièce, trois hommes, un territoire.
En bref
Un territoire peut tenir dans une seule pièce encombrée.
Un territoire peut tenir dans une seule pièce encombrée. The Caretaker (Harold Pinter, créée à Londres en 1960), au programme, montre trois hommes qui se disputent un lieu — et une place.
Harold Pinter
Dramaturge britannique (1930-2008), prix Nobel de littérature en 2005. The Caretaker est son premier grand succès.
La situation
Une chambre en désordre, dans une maison de l’ouest de Londres. Un vieux seau pend au plafond pour recueillir une fuite.
| Personnage | Ce qu’il veut |
|---|---|
| Aston | L’aîné, calme, lent ; il bricole et rêve de construire un abri de jardin (a shed) |
| Mick | Son frère cadet, propriétaire de la maison, imprévisible, ironique |
| Davies | Un vagabond qu’Aston recueille ; il se fait aussi appeler Bernard Jenkins |
L’intrigue
- Aston ramène chez lui Davies, sauvé d’une bagarre, et lui offre un lit.
- Mick surgit, menace Davies, puis lui propose d’être le gardien (the caretaker) de la maison. Aston lui fait la même offre.
- Davies tente de monter les frères l’un contre l’autre pour garder sa place.
- À la fin de l’acte II, Aston raconte dans un long monologue son internement et les électrochocs qu’il a subis.
- Les deux frères se retrouvent ; Davies, qui a trop joué, est chassé.
Les papiers de Sidcup
Davies répète qu’il doit aller à Sidcup récupérer ses papiers d’identité, confiés à quelqu’un « il y a quinze ans ». Il n’y va jamais : il attend qu’il fasse beau, qu’on lui trouve de bonnes chaussures. Sidcup est l’horizon qui ne se rejoint pas, l’identité qu’on ne prouve pas.
L’art de Pinter
| Procédé | Effet |
|---|---|
| La comedy of menace (expression du critique Irving Wardle) | On rit, mais une menace flotte sans qu’on sache d’où elle vient |
| Les pauses et silences indiqués par l’auteur | Ce qu’on ne dit pas pèse plus que ce qu’on dit |
| Les répétitions et les dialogues absurdes | Le langage sert à se défendre ou à dominer, pas à communiquer |
| Le passé invérifiable | Aucun personnage ne peut prouver ce qu’il raconte |
Dans The Caretaker, la chambre est un territoire : qui y dort, qui en a la clé, qui peut y rester. Les rapports de force se jouent au mot près — et celui qui n’a pas de lieu à lui finit dehors.
L’adjectif « Pinteresque » est entré dans la langue anglaise pour désigner ce climat de menace diffuse, de silences lourds et de dialogues en apparence banals.
Méthode : analyser une scène de théâtre
- L’espace : décor, objets, entrées et sorties.
- Le rapport de force : qui domine, qui cède, à quel moment ça bascule ?
- Le non-dit : pauses, silences, sous-entendus.
- L’effet sur le spectateur : rire, malaise, pitié.
Key vocabulary
| Anglais | Français |
|---|---|
| a tramp | un vagabond |
| a caretaker | un gardien, un concierge |
| menace, menacing | la menace, menaçant |
| a pause, a silence | une pause, un silence |
| a power struggle | un rapport de force |
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6 questions pour vérifier
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1.Qui a écrit *The Caretaker* (1960) ?
2.Combien de personnages compte *The Caretaker* ?
3.Quel faux nom Davies utilise-t-il ?
4.Où Davies dit-il devoir aller chercher ses papiers ?
5.Que rêve de construire Aston ?
6.Dans son monologue de la fin de l’acte II, Aston raconte les électrochocs qu’il a subis.
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